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Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre
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Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre
Le Cantique des Créatures de François d’Assise commence avec l’image pleine de jeunesse et d’élan printanier de Messire frère Soleil pour se terminer avec l’image de la fécondité automnale des divers fruits de Sœur notre mère la Terre. C’est un chant qui unit la jeunesse à l’Âge d’or, et ne l’oublions pas c’est à l’automne de sa vie que François a voulu composer cette dernière louange au Seigneur pour ses créatures.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits, avec les fleurs colorées et l’herbe.
Cette strophe chante la fécondité de la terre sous l’image archaïque de la « mère nourricière » dont notre vie dépend. Cette « bonne » terre produit divers fruits pour notre subsistance. L’expression de François divers fruits doit sans doute inclure tous les fruits de la terre : les céréales, les légumes aussi bien que les arbres fruitiers. À ces fruits s’ajoutent les fleurs colorées et l’herbe. Donc à l’utilité de la terre s’ajoute la beauté.
« Mais ce qu’il y a de nouveau et, à première vue, de surprenant dans la manière franciscaine de désigner la terre, écrit Fr. Éloi Leclerc, c’est le nom de ‘sœur’ qui lui est donné en même temps que celui de ‘mère’ : ‘Sœur notre mère la Terre’ dit François. Pour celui-ci, la Terre Mère a aussi le visage d’une sœur. Et c’est comme telle qu’il la chante. Il lui confère ainsi une nouvelle jeunesse. Plus profondément, il crée entre lui et la terre une relation nouvelle. L’appellation ‘sœur’ donnée à la terre ne détruit ni n’affaiblit sa maternité, mais elle en marque la limite. Elle signifie, en effet, que, si la terre est notre mère, celle dont nous dépendons vitalement, elle n’est pas cependant la source absolue de l’être et de la vie ; elle est elle-même une créature, au même titre que les autres réalités cosmiques. Elle fait partie de la grande famille des créatures. Elle et nous dépendons finalement de la même origine transcendante, du Père qui a créé toutes choses. Bref, elle est notre sœur. »
Nous savons tous que cette strophe du Cantique des Créatures dédiée à Sœur notre mère la Terre devient de plus en plus populaire de nos jours surtout depuis le 22 avril 2009 alors que l’Assemblée générale de l'ONU a adopté en ce jour une résolution proclamant le 22 avril Journée internationale de Mère Terre ou de la Terre nourricière, en présence du Président de la Bolivie, Evo Morales. Celui-ci en cette occasion a fait un discours mémorable qui peut se résumer ainsi : « Au XXème siècle, les droits humains ont été reconnus. (...) La mère nourricière terre aussi doit avoir ses droits et le XXIème siècle doit être le siècle de la mère terre (...) Ce qui se passe avec le changement climatique est dû au fait que l'on n'ait pas respecté les droits de la mère terre nourricière. (...) Certains êtres humains considèrent qu'ils sont au centre de l'univers. (...) la vie humaine n'est pas possible sans la terre nourricière. (...) Pour nous, les peuples indigènes, la mère terre est sacrée. Et c'est pourquoi nous avons des rituels sacrés pour rendre hommage aux terres de nos ancêtres. (...) Nous devons, les 192 pays des Nations Unies, nous entendre pour une Déclaration universelle des droits de notre Mère la Terre... »
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre. Loué sois-tu,Dieu Créateur de l’univers, pour cette terre fragile, notre demeure qui est vraiment notre sœur et notre mère. Comme mère, elle est à la fois la source et la subsistance de ma vie et de celle des animaux et des oiseaux, des insectes et des reptiles. Elle est la sœur avec laquelle toutes nos sœurs et tous nos frères humains sont membres d’une seule famille. Aide-moi à me réjouir de ce cadeau que tu me donnes – cette terre vivante et dynamique – et d’y chanter toujours ta louange.
Ajoutons à cette prière une bénédiction amérindienne chinook : « Nous invoquons la Terre qui fait pousser notre nourriture, le sol nourricier, les champs fertiles, les jardins et les vergers abondants et nous leur demandons de nous enseigner et de nous montrer le chemin. »
« Que la terre bénisse le Seigneur : qu’elle chante et l’exalte éternellement ! O vous, montagnes et collines, bénissez le Seigneur : chantez-le, exaltez-le éternellement ! »
Georges Morin, o.f.m.
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