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La Nouvelle revue franciscaine
Prière
pour la paix
Cantique
des créatures
Prière
d'offrande
Devant
le crucifix
Pater
paraphrasé
Merci, frère François
Quatre chansons de Donavan
Devenir
mineur, ou
la contemplation comme service
Un Dieu à genoux devant l'humanité
Eucharistie
et Incarnation
La
fraternité, perle la plus précieuse de l'héritage
franciscain
Le
grand pardon dAssise, le 2 août
Le
monde comme cloître
Suivre
le Christ... jusqu'au bout!
Un texte rempli de vie
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Suivre
le Christ... jusquau bout!
François
veut suivre le Christ. Jusque dans les moindres détails,
il souhaite appliquer les consignes données par Jésus
à ses disciples. On est en fait frappé par la similitude
quil y a entre lenvoi des disciples en mission et
la « forme de vie » que propose François.
Tous se rappelleront
la très célèbre scène où le
fils de Pietro Bernardone, devant lévêque dAssise,
remet ses vêtements et son nom. François dira désormais
« notre Père qui es aux
cieux ». Ce que lon oublie plus facilement,
cest la période de recherche et de questionnement
qui a suivi. Lhumble maçon na pas tout de suite
su ce à quoi il était appelé. Il a hésité,
questionné, essayé de comprendre la forme de vie
qui était la sienne. Voici quelques passages qui lont
profondément marqué.
Va
vendre ce que tu possèdes et suis-moi!
Lappel
de François dAssise à la pauvreté est
légendaire. Il a donné naissance à de nombreuses
discussions parfois très serrées parmi
ses fils et ses filles. Généreusement, il veut suivre
Jésus sans contrainte. « Si tu veux être
parfait, lui dit Jésus, va vendre tout ce que tu possèdes
et donne l'argent aux pauvres, alors tu auras des richesses dans
les cieux; puis viens et suis-moi. » (Matthieu 18,18) François la appliqué avec rigueur,
mais il y a des exceptions qui permettent de comprendre la visée
précise de François.
Ce nest
pas le refus de toute propriété mais de toute propriété
qui alourdit la suite du Christ. François recherche
par-dessus tout la disponibilité à lappel
de Dieu, la réponse généreuse à lamour.
La pauvreté est relue dans la lumière de la fraternité.
Riche héritier, fils de marchand, le Poverello a
pu mesurer la cassure que provoque laccumulation des richesses.
De son point de vue, il y a distorsion dans la fraternité,
dans lamitié. La clairvoyance entraîne nécessairement
un ajustement, où les biens servent franchement et clairement
la relation avec Dieu et avec les autres. Sans hésitation,
quand elles entravent le chemin, il les élimine de sa vie.
Ne
prenez ni chaussures, ni tunique de rechange.
François
est alors ermite et maçon. Il reconstruit de petites églises.
Puis il entend lenvoi des disciples en mission (Luc 10,3-7). « Voilà ce que je veux vivre! »
Il retire ses souliers et sa ceinture, puis il prend le cordon
et marchera désormais pieds nus. François veut prendre
la route à la manière des disciples.
Une image
illustre bien ce quil veut vivre. Jésus parcourt
les routes de Galilée et de Judée, entouré
des apôtres. François souhaite accompagner le Christ
dans les lieux de repos, le suivre dans sa mission et sa prédication,
partir deux par deux pour annoncer la venue du Royaume. Il ne
veut plus rien dautre que partager la vie du Christ Seigneur.
Et pour ce faire, il prendra mot-à-mot les consignes que
ce dernier donnera à ses disciples.
François
adopte un mode de vie calqué sur les sorties missionnaires
des disciples de Jésus. Il en fait un mode de vie permanent.
La simplification de lhabillement relève moins de lascèse que de la légèreté. Avoir le strict nécessaire pour se déplacer rapidement,
pour aller là où le Seigneur lappelle. François
prendra désormais des chemins du monde.
Je
vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Quelques
compagnons se joignent à lui; ils partiront deux par deux.
Rapidement, ils feront lexpérience de la rigueur
des chemins. Les « pénitents dAssise »
ne sont pas toujours les bienvenus. À première vue,
on a limpression quil sagit dhurluberlus,
détranges commis-voyageurs du Seigneur.
François
se distinguera par son affabilité, sa courtoisie et sa
bonté. Il enseigne à ne jamais rendre le mal pour
le mal. Les frères « seront modestes, animés
de la plus grande douceur envers tous les hommes. Ils ne doivent
ni juger ni condamner » (1 Règle 9-10). Et selon
la consigne évangélique, « quand vous
entrerez dans une maison, dites d'abord: "Paix à cette
maison." » (Lc 10, 5). Ils annonceront la Paix,
au nom du Seigneur.
Louvrier
a droit à son salaire.
Dans la suite
du texte évangélique, on voit alors poindre lun
des plus importants débats de lhistoire franciscaine :
lusage de largent. Lambiguïté remonte
à lÉvangile lui-même qui, au verset
4, recommande de ne pas apporter dargent ni
bourse et plus loin, le droit à un salaire pour
un ouvrier (v. 7).
François
résoudra cette difficulté de deux manières.
Dabord en se refusant le droit daccumuler des biens.
En effet, la bourse permet de mettre en réserve, daccumuler
des possibilités déchange. Largent ouvre
un espace de liberté, confère un certain statut
que François a choisi de laisser derrière lui. Il
demande à ses frères de faire de même.
Mais il y
a plus. François souhaite que ses frères travaillent
au jour le jour. Ils ont droit à un salaire, mais il faut
que celui-ci soit en nature : nourriture, vêtement,
etc. Pas daccumulation possible, donc. À chaque jour
suffit sa peine, et François souhaite que ses confrères
restent alertes, faisant entière confiance au Père
à qui ils se sont confiés.
Pour connaître
la forme de vie des Franciscains, il suffit de lire la montée
vers Jérusalem, dans la deuxième moitié des
évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc).
Guylain
Prince, ofm
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