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Spiritualité

La Nouvelle revue franciscaine

Prière pour la paix
Cantique des créatures
Prière d'offrande
Devant le crucifix
Pater paraphrasé
Merci, frère François
Quatre chansons de Donavan

Devenir mineur, ou
la contemplation comme service

Un Dieu à genoux devant l'humanité

Eucharistie et Incarnation

La fraternité, perle la plus précieuse de l'héritage franciscain

Le grand pardon d’Assise, le 2 août

Le monde comme cloître

Suivre le Christ... jusqu'au bout!

Un texte rempli de vie

 

Devenir mineur, ou la contemplation en service

François souhaitait célébrer Dieu par toute sa vie. Le chemin qu’il a emprunté en a étonné plusieurs, à son époque. Plutôt que de choisir de grands ordres, solidement établis, François a voulu prendre le chemin des plus petits et des plus pauvres. Par amour pour le Seigneur, il a choisi une vie simple, au service des plus petits.

« Lui, qui possédait depuis toujours la condition divine, n’a pas estimé qu’il devait chercher à se faire de force l’égal de Dieu. Au contraire, il a pris la condition de serviteur… » (Lettre de Paul aux Philippiens 2,6ss). Ce chemin de service du Christ, François d’Assise l’a contemplé durant toute sa vie. Chaque scène de la vie de Jésus, de la crèche à la croix, est l’occasion pour François de voir le Fils de Dieu en chemin de service. Et il lui rend grâce, et il loue le Père pour une si grande merveille. Et lui-même veut vivre ce chemin.

Fasciné par le mystère de notre salut, il suit les traces de son Seigneur et se tourne lui aussi vers le bas. Il choisit d’aller à contre-courant de ce qu’il a connu, admiré, recherché auparavant, et qui maintenant perd de son éclat et de sa saveur.

Il fréquente les laissés pour compte de son temps, les perdants de la vie, allant jusqu’à se mettre à leur service. Et, paradoxe de la foi, ce bas, cette situation de serviteur des petits qu’il adopte, le renvoie vers le Très-Haut. François, fou de joie, exhorte alors ses compagnons : « Soyons des frères mineurs! Le Christ veut que nous nous contentions pour toute richesse de le posséder, lui seul. Soyons soumis à tous, cherchons la dernière place et l’emploi méprisé » (voir la Légende de Pérouse, 67 et la première Vie de Thomas de Celano, 38).

Servant dans la joie

Choisir le mode de vie proposé par François, c’est se tenir là où sont les mineurs de la société, ces petits, ces mis à part vers qui les regards se tournent peu, ceux ou celles qui ne sont ni remarquables ni remarqués, ni brillants ni attirants... Bref, essayer d’être mineur, c’est tendre vers le lieu que le Christ habite parmi nous, le lieu de l’enfouissement au cœur du monde, au cœur de soi.

Comme l’autre mineur (celui des mines d’or ou de diamants), c’est pénétrer dans les entrailles de notre terre d’humanité, de notre propre terre personnelle, y creuser sans cesse le filon précieux, et en remonter dans la joie des trésors invisibles aux yeux du monde mais lumineux au regard du Père. Mais quelle lutte que celle-là, quel déchirement! Le majeur en nous a soif d’être remarqué, reconnu, apprécié, sorti du lot, d’être plus que…
La joie du mineur ne peut alors trouver son origine qu’ailleurs, dans la joie même du Christ et de ses disciples au matin de Pâques.

Le service des petits condamnés à habiter le bas du monde, allié à une attitude contemplative, est le chemin que François a choisi. Par le service des autres mineurs comme le fit le Fils de Dieu, la communion à la volonté du Père et le cheminement avec d’autres frères et sœurs habités par le même Esprit, petit à petit le disciple de François se laisse lui aussi transformer. Dépouillé de toute prétention à devenir majeur par lui-même et contre les autres, Dieu peut alors l’habiter de son être même, source d’une joie éternelle.

Quelques pistes pour aller plus loin

1. Quand je médite l’Évangile, j’essaie en arrière-plan de me représenter l’ample mouvement de notre salut par le Christ (décrit dans la Lettre de Paul aux Philippiens 2,6-11), et que François a tant intériorisé.

2. Dans mes activités de service, je tente de me souvenir que le Serviteur a déjà pris ce chemin et qu’il m’y attend.

3. Choisir de vivre en bas, avec ceux et celles qui ne l’ont pas décidé, c’est se mettre a l’école du service. Suis-je le maître de mon service, ou au service du Maître?

4. Au cœur du service, est-ce que je permets à la joie de Dieu de faire son chemin en moi?

Marc Le Goanvec, ofm

 
 

 

Dernière modification : 23 mai 2006

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