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La Nouvelle revue franciscaine
Prière
pour la paix
Cantique
des créatures
Prière
d'offrande
Devant
le crucifix
Pater
paraphrasé
Merci, frère François
Quatre chansons de Donavan
Devenir
mineur, ou
la contemplation comme service
Un Dieu à genoux devant l'humanité
Eucharistie
et Incarnation
La
fraternité, perle la plus précieuse de l'héritage
franciscain
Le
grand pardon dAssise, le 2 août
Le
monde comme cloître
Suivre
le Christ... jusqu'au bout!
Un texte rempli de vie
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Claire
travailla intensément à lidéal de fraternité
Claire, de
son côté, nintervint pas directement avec les
mercenaires sarrasins qui attaquaient Assise. Elle ne les rencontra
pas face à face, à la manière de François,
mais son intervention par la prière de ses soeurs changea
profondément le cours des choses. Ils prirent la fuite,
en levant le siège de la ville. Claire a réussi
aussi bien que François, dune autre manière,
et nous sommes ici obligés dadhérer à
cette grande affirmation des Évangiles, à savoir
la toute-puissance de la prière, expression de la foi,
capable de déplacer les montagnes. Il faut le claironner
fort aux hôtels de ville et de gouvernement : la prière
est un moyen daction efficace, pas seulement en dernier,
mais même en premier recours!
Claire combattit
aussi pour le Privilège de la Pauvreté, cest-à-dire
le refus de tout revenu quassurait la société
féodale, pour permettre la subsistance des soeurs. Elle
misa sur le travail et la quête, donc sur la fraternité,
comme moyen de subsister. Ce drôle de Privilège,
bien accordé à lintuition fraternelle dune
société égalitaire, eut un gros impact sur
la vie sociale et dans lÉglise. En plus dêtre
un percutant retour à lÉvangile éternel
du simple départ en mission sans bâton, ni besace,
ce Privilège accordé par le Pape fut, dans
lÉglise romaine, le début dun long processus
de renonciation aux propriétés, qui culmina avec
labandon forcé des États pontificaux au 19e
siècle.
Mais il y
a beaucoup plus que du matériel dinscrit dans ce Privilège de la Pauvreté et dans loption
fraternelle de François. Il y a lidée de renonciation
à tout pouvoir de domination, surtout spirituel. Lautoritarisme
et la pompe seront toujours des comportements déplacés dans lÉglise du Christ, tout comme lambition
et les honneurs. Les pauvres doivent avoir les places dhonneur.
Dun
Dieu-roi à un Dieu-frère
Le retour
à lÉvangile à la manière de
Claire et François nest donc pas terminé et
lEsprit-Saint a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de pain
sur la planche. Comme lécrit Éloi Leclerc,
il faut passer dun Dieu-roi à un Dieu-frère,
cest celui des Évangiles : Cest trop
peu de dire que François rompt avec le Dieu des guerres
féodales et des guerres saintes. Dieu nest plus pour
lui le Seigneur, à la manière féodale. Pas
même un Seigneur bienfaisant qui, du haut de sa position
dominante, répand ses largesses sur ses vassaux. Dieu a
quitté sa position dominante ; il ny a plus, pour
lui, de vassaux ; il est devenu lun de nous ; il a cheminé
parmi nous, dépouillé de tout signe de puissance,
comme le plus humble et le plus faible. François découvre
lhumanité de Dieu, lhumilité de Dieu :
le Dieu de majesté sest fait lui-même notre
frère (E. Leclerc, ibid., p. 243). Voilà la
racine de la fraternité entre les humains. La conséquence
qui en découle, cest légalité
en droits pour tous et les rapports fraternels qui sensuivent.
Devenir
prophètes et spécialistes de la fraternité
Où
sont les lieux despérance dans la société
? Ils sont là partout où se lèvent des artisans
de justice et de paix, au foyer comme dans le milieu du travail.
Les prophètes, ce sont ceux et celles qui, courageux, affrontent
les situations dinjustice, où quelles se trouvent,
et vont, ainsi, à la rencontre du grand loup de Gubbio,
terrible et féroce (Fioretti 21), et font avec lui
un pacte damitié, qui peut le rendre doux et aimable.
Ce loup, nous avons appris à mieux le connaître ;
il est de tous les temps ; il ne court pas les bois ; il se
cache en chacun de nous et en chaque groupe humain, prêt
à déchirer et à dévorer. Qui aujourdhui
nous délivrera de ce loup ? Celui-là sera vraiment
lhomme du siècle à venir : il savancera,
sans peur, sur les chemins de lhistoire ; des milliers de
frères laccompagneront ; et derrière eux,
marchera, libre et joyeux, le grand loup apprivoisé.
(E. Leclerc, ibid., p. 248).
Voilà
tout le projet et tout le défi du charisme franciscain
et de lÉvangile.
Roland
Bonenfant, ofm
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