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La Nouvelle revue franciscaine
Prière
pour la paix
Cantique
des créatures
Prière
d'offrande
Devant
le crucifix
Pater
paraphrasé
Merci, frère François
Quatre chansons de Donavan
Devenir
mineur, ou
la contemplation comme service
Un Dieu à genoux devant l'humanité
Eucharistie
et Incarnation
La
fraternité, perle la plus précieuse de l'héritage
franciscain
Le
grand pardon dAssise, le 2 août
Le
monde comme cloître
Suivre
le Christ... jusqu'au bout!
Un texte rempli de vie
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Le
miracle franciscain : la rencontre dune soif et dune
eau
Éloi
Leclerc soutient que trois choses ont contribué à
faire de saint François le guide sûr et le novateur
que nous admirons : une riche nature humaine, le souffle
évangélique et la rencontre du mouvement franciscain
avec lhistoire de son temps. Le miracle franciscain sest
opéré à partir dune aspiration profonde
des gens à lassociation, qui sest traduite
dans une réalité séculière :
la Commune. Cette aspiration fut une espèce de soif intense
qui appelait une eau fraîche pour létancher.
Dans une société pyramidale, la féodalité
créait des gens dépendants dun seigneur ;
leurs goûts personnels comptaient assez peu, ou pas du tout :
ils navaient quà se soumettre et à obéir,
un point cest tout. Ayant soif de respect et de justice,
les petites gens voulaient plus de liberté et dautonomie :
Les hommes des villes, les marchands surtout, conscients de leurs
capacités, ne supportaient plus de vivre dans la dépendance
dun seigneur, en simples vassaux ; ils entendaient prendre
en main leur destin et le réaliser en commun, sur un pied
dégalité (E. Leclerc, ibid., p.
240).
La conséquence
de cette mutation sociale fut, au temps de François, un
très grand changement dans les rapports sociaux ! En mettant
sur pied une fraternité évangélique, il réalisa
jusquau bout lidéal hautement communautaire
de la Commune, car cette intuition naissante dune société
plus égalitaire fut mise en échec immédiatement
par la course à largent : Laissée
à ses seules forces, la jeune société des
Communes tombaient sous la domination de largent ; les associations
de marchands se fermaient sur elles-mêmes et devenaient
des blocs dintérêts, rivaux et dominateurs.
Les libertés communales profitaient aux plus riches. La
société se divisait. Une nouvelle féodalité
apparaissait, celle de largent, avec de nouvelles formes
doppression. (E. Leclerc, ibid., p.241)
Lentrée
de François dans le bouillonnement de son époque
François
portait en lui le bouillonnement de son époque ; il en
partageait les aspirations, les ambitions et toutes les turbulences.
Après avoir bu à la source de la nouvelle liberté
communale, il eut le mérite, Dieu merci, davoir encore
soif et dêtre insatisfait de ce semblant de vin tournant
au vinaigre.
François
découvre la détresse des pauvres gens. Quelque chose
se remue en lui. Il cherche, il prie. Et finalement il entend
lÉvangile. Ainsi, au coeur dune Église
demeurée féodale et seigneuriale dans son mode de
gouvernement comme dans sa façon de vivre les relations
humaines, ce fils de la Commune, qui a lu lÉvangile
avec la sensibilité de son temps, crée du nouveau
; il invente une forme de vie commune où il nexiste
plus de position dominante ni même de préséance.
Bref, il crée la fraternité. En cela, réside
loriginalité profonde de François. Celle-ci
nest pas dans la vie érémitique, ni dans le
travail manuel, ni même dans la pauvreté considérée
comme une simple ascèse morale. Si François attache
une telle importance à la pauvreté vécue
à la suite du Christ, sil la recherche passionnément
au point de rejeter toute forme de propriété, cest
parce quelle lui apparaît comme la voie royale qui
mène à la fraternité et à la communion
avec tous les êtres. (E. Leclerc, ibid., p. 242)
Roland
Bonenfant, ofm
Laction
principale de lartisan de paix
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