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Sainte Véronique Giuliani
clarisse (1660-1727)
Au calendrier liturgique, sa fête est le 10 juillet.
Sainte Véronique Giuliani, abbesse des Clarisses capucines, naquit à Mercatello, dans Les Marches, le 27 décembre 1660. C’était la cadette d’une famille de sept filles. On la baptisa Orsola (Ursule).
Cette clarisse tient une place d'honneur dans la mystique franciscaine, Son Journal en huit gros volumes - 22 000 pages dans l'édition italienne - contient le récit le plus détaillé des états mystiques qu'on peut trouver dans toute l'hagiographie chrétienne. Honte à ceux qui pensent que le dialogue avec Dieu peut être ennuyant!
Véronique fut saisie très jeune par le désir de Dieu. À six ans elle perdit sa mère, la pieuse Benedetta Mancini. Montrant à ses cinq filles encore vivantes le crucifix qu'elle tenait en main, elle légua à chacune une plaie du Crucifié, pour s’y cacher. Véronique reçut la plaie du cœur.
À dix-sept ans, elle entra chez les Clarisses de Città di Castello, y recevant le nom de Véronique, comme la femme charitable de la Via dolorosa. Elle vécut 50 ans en ce monastère, dont 34 comme maîtresse des novices, onze comme abbesse. À sa mort, elle était encore abbesse.
Amante éperdue de la passion du Christ, elle fut stigmatisée. Voici ce qu’elle écrit :
« Tout à coup, j'entendis un roulement de tonnerre avec un vent violent: notre cellule devint toute resplendissante. J'eus alors la vision de Jésus crucifié : il avait un aspect si majestueux et si rayonnant. Mon unique souvenir, c'est que je vis sortir des plaies de Jésus cinq rayons ardents, Ils s'élancèrent vers moi; l'un se posa sur mon cœur, les autres sur mes mains et sur mes pieds. Je ressentis une vive douleur et il me sembla qu'on m'avait transpercé le cœur avec une lance acérée, les mains et les pieds avec de gros clous. Quand je vis ces stigmates extérieurs, je pleurai beaucoup. Mon Dieu! Quel chagrin me fit tout cela! » (Gobry, Mystiques Franciscains, p. 164).
Comme Jésus
Elle mourut le 9 juillet 1727, après trente-trois jours d'un long supplice. Son confesseur, selon le désir antérieur de la stigmatisée, lui intima l’ordre de quitter ce monde. Obéissante jusqu’à la mort! Ce fut immédiatement la fin de trois heures d'agonie, comme celles de Jésus en croix. Véronique, à son tour, baissa la tête et expira (Jean 19, 30).
Ses amies se rappelèrent alors les merveilles de ses stigmates. Comme Véronique avait permis de son vivant qu’on dispose de son corps comme on le jugerait le plus utile, il fut décidé qu'on examinerait son corps et son cœur. Devant une assistance respectueuse et émue, le médecin et le chirurgien qui avaient soigné Véronique constatèrent d'abord, au côté gauche, la cicatrice d'une blessure, qui pénétrait jusqu’au cœur, comme un coup de lance. On constata que la blessure traversait le cœur de part en part. On l'ouvrit et on trouva, à la partie supérieure, différents signes formés d'une matière dure et brune comme des muscles durcis. Il y avait, en petit, les initiales I et M (Jésus et Marie), les clous, le roseau, la couronne d'épines, une petite flamme, la croix avec la lettre C. L'examen de cette partie du haut du cœur ayant duré longtemps, on n'eut pas le temps d’examiner le reste, car on devait procéder tout de suite aux obsèques. On constata le fléchissement de l'os d’une épaule causé par le poids d'une croix invisible. On rédigea un procès-verbal, dûment signé par les témoins. Elle fut canonisée le 26 mai 1839 par le Pape Grégoire XVI.
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