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Bienheureux Frédéric Janssoone
(1838 - 1916)

Sa fête au calendrier liturgique est fixée au 5 août.

Frédéric JanssooneFrédéric Janssoone est né le 19 novembre 1838 à Ghyvelde, village du diocèse de Lille, en France. Son père, Pierre, et sa mère Marie-Isabelle Bollengier, étaient des chrétiens fervents et attachés aux valeurs évangéliques, qu'ils surent transmettre fidèlement à leurs nombreux enfants.

Le Serviteur de Dieu, baptisé sous les prénoms de Frédéric Cornil, fréquenta l'école de son village natal, puis le collège d'Hazebrouk et l'Institut Notre-Dame-des-Dunes de Dunkerque. Mais, après la mort de son père, il dut quitter les études afin d'aider sa famille aux prises avec de graves difficultés financières. Pendant sept ans, il travailla comme commis-voyageur pour un négociant d'étoffes.

En 1864, sa mère ayant été rappelée à Dieu, Frédéric poursuivit son projet de se consacrer au Seigneur et il entra dans l'Ordre des Frères Mineurs (les Franciscains) au noviciat d'Amiens. Il y trouva l'école de vie spirituelle dont il avait besoin. Saint François d'Assise était le type religieux qui allait être le guide de sa vie : méditatif capable de se recueillir même au milieu de la foule, missionnaire sur toutes les routes du monde. Après ses études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre à Bourges le 17 août 1870. Il exerça en France un ministère varié, d'abord comme aumônier militaire durant la guerre franco-prussienne de 1870, puis comme sous-maître des novices, co-fondateur du couvent de Bordeaux, directeur du Tiers-Ordre et de la Revue franciscaine et bibliothécaire à Paris. En 1876, ses supérieurs accédèrent à son ardent désir d'aller œuvrer au pays de Jésus.

Son pays d’élection

Pendant douze ans, le Père Frédéric mit son zèle et son esprit d'initiative au service de la Terre Sainte. Le 3 avril 1878, il fut élu vicaire custodial. Il avait 39 ans. Cette fonction faisait de lui un personnage, le second dignitaire de la Custodie de Terre Sainte, jouissant de beaucoup de privilèges honorifiques. Cette Custodie comptait alors 350 religieux. Il s'y révéla un diplomate souple et adroit, un habile bâtisseur d'églises, un patient codificateur de règlements et un prédicateur apte à guider spirituellement les nombreux pèlerins qui se rendaient en Palestine. Il inaugura le chemin de croix sur la Via dolorosa, à travers les rues de Jérusalem, et il prêcha lui-même une dizaine de fois le chemin de croix du vendredi-saint.

Son pays d’adoption

Les besoins économiques des Lieux Saints le poussèrent à se faire mendiant. Il se rendit solliciter de l'aide en France, puis au Canada. Dans notre pays où il fit un premier voyage en 1881, il reçut un accueil chaleureux et enthousiaste. Aussi, vint-il s'établir définitivement au Canada, plus spécialement à Trois-Rivières, où il fut accueilli le 14 juin 1888 par Mgr Laflèche. Il participa le 22 juin suivant à l'inauguration officielle du Sanctuaire du Cap dédié à Notre-Dame du Rosaire ; il y donna le sermon ; le soir même, il fut l'un des trois témoins du Prodige des yeux (ceux de la Vierge Marie qui s'ouvrirent une dizaine de minutes).

Suite à la mort subite du curé Désilets survenue le 30 juin 1888, il accepta de poursuivre son œuvre, en étant premier directeur des pèlerinages, de 1888 à 1902. Il inaugura le Commissariat de Terre Sainte à Trois-Rivières, le 12 octobre 1889. Quatorze ans durant, il fit la navette par bateau entre Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine. En 1892, il fonda la revue Les Annales du Très Saint Rosaire (aujourd'hui Revue Notre-Dame-du-Cap), et dès le 31 août 1893 il écrivit une lettre suggérant les Oblats de Marie Immaculée comme gardiens du Sanctuaire du Cap, ce qui lui fut accordé en 1902. Il fonda une autre revue en 1900, la Revue eucharistique. C'est le 20 avril 1900 que Mgr F.X. Cloutier déclara le Sanctuaire lieu de pèlerinage diocésain et nomma officiellement Frédéric comme directeur des pèlerinages.

Il joua un rôle important dans le développement du culte marial au Québec. Il fut pendant quatorze ans directeur des pèlerinages au sanctuaire de Notre Dame du Rosaire, à Cap-de-la-Madeleine, où il attira un grand nombre de pèlerins. En même temps, comme Commissaire de Terre Sainte, il s'employa à recueillir des aumônes pour soutenir les œuvres de Palestine.

De 1902-1916, il mena une activité débordante : multiples missions, tournées de prédication de la parole de Dieu dans les paroisses, catéchèses et missions populaires, organisation et direction de pèlerinages, visites et fondation de Fraternités de l'Ordre Franciscain Séculier, écrits et publications diverses. Il passa au Canada les vingt-huit dernières années de sa vie, en s'illustrant par un zèle apostolique extraordinaire et une sainteté de vie toute évangélique.

Cette activité n'empêcha pas le Père Frédéric de maintenir un esprit de prière et de pénitence sortant de l'ordinaire. Son austérité de vie, son extrême pauvreté, son amour de prédilection pour les pauvres, sa bonté toute simple, sa patience et sa sérénité dans les épreuves, toutes ces vertus l'ont fait comparer à un nouveau François d'Assise. Il contribua largement à répandre l'esprit franciscain au Canada et donna une impulsion décisive à la restauration de l'Ordre franciscain en notre pays.

L'homme

Physiquement, le Père Frédéric était de taille moyenne, (1,68 m), étroit d'épaule, ce qui lui donnait une impression de fragilité, mais il était très robuste, pouvant travailler quatorze ou quinze heures par jour. Au psychologique, il était joyeux, plein d'humour, sachant décrire les choses avec beaucoup de couleurs. Il était pourtant respectueux des personnes et d'une parfaite courtoisie.

Il possédait une multitude de champs d'intérêt, qui allait de la théologie à la pastorale, en passant par l'histoire, la géographie, l'astronomie, la botanique, la peinture, l'architecture et l'archéologie. Sa formation de base donnait une grande importance à la maîtrise de soi, à la force de caractère, à la droiture et à la loyauté. Elle lui a permis de discipliner ce foisonnement de ressources qu'il y avait en lui et d'acquérir de la méthode et de l'esprit de suite dans ses travaux.

Ce serviteur de Dieu mourut à Montréal, le 4 août 1916, à l'âge de 77 ans. Son corps fut transporté à Trois-Rivières et enseveli dans la chapelle Saint-Antoine (crypte de la chapelle des Franciscains). Il a été béatifié par le Pape Jean-Paul II le 25 septembre 1988.

 
 

 

Dernière modification : 23 mai 2006

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