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Sainte
Élisabeth de Hongrie
(1207-1231)
Sa
fête au calendrier liturgique est fixée au 17
novembre.
Sainte
Élisabeth de Hongrie a en commun, avec saint Antoine
de Padoue, dêtre entrée dans la famille
franciscaine la même année, en 1220, et de mourir
aussi la même année, à cinq mois de distance,
soit en 1231. Ils sont morts jeunes, lune à 24 ans,
lautre à 32 ans. Ils projettent tous deux une image
de jeunesse, de dynamisme, de courage et sainteté.
Élisabeth
est la patronne des femmes de lOFS. Cette princesse était
fiancée à lâge de 4 ans, mariée
à 13 ans. Elle vécut un grand amour de tendresse
avec son mari Louis de Thuringe (Tübingen), qui lui donna
quatre enfants, en sept ans. Elle laimait tellement que
lorsquil sabsentait, elle prenait des habits de deuil,
à son retour, des habits éclatants. Sa mère
fut assassinée. À la mort de son beau-père,
elle fut traitée de tous les noms par sa belle-mère
et par sa belle-sur; on voulait la renvoyer de la cour royale.
Mais une deuxième vague de persécution sabattit
sur elle, à la mort de son mari, à la croisade.
Elle venait de laccompagner durant deux jours à cheval,
alors quelle était presque au terme de sa dernière
grossesse. À lannonce de sa mort, elle hurla de douleur
dans tout le château, criant : Mon Dieu, le monde
entier est mort pour moi ; il est mort avec tout ce quil
comptait de douceur. Elle avait 20 ans.
Son
protecteur étant mort, toutes les haines se sont déchaînées
contre ses charités aux pauvres et contre sa piété.
En laccusant davoir dilapidé lhéritage
de ses enfants, on lexpulsa du château et lon
confisqua tous ses biens. Par temps froid, elle quitta la cour
royale avec un enfant dans les bras, en compagnie de deux servantes.
Toutes les portes lui étant fermées, elle passa
la première nuit dans une porcherie. À minuit, entendant
la cloche du couvent des Franciscains, elle alla chanter Matines
avec eux et leur demanda de chanter un Te Deum pour remercier
Dieu davoir été expulsée de son château.
Durant quatre ans, elle vécut une grande pauvreté,
quelle n'abandonna jamais, même quand ses biens lui
furent rendus et quelle fut demandée en mariage par
lEmpereur.
Saint
François lui-même, ayant entendu parler d'elle vers
1222, - donc cinq ans après la fondation du 3e Ordre en
1217, - fut tellement ému par cette histoire dinjustice
et de pauvreté, quil lui envoya son propre manteau.
La nuit où elle mourut, le 19 novembre 1231, à minuit,
son visage devint resplendissant, comme à la Transfiguration.
Elle dit, en résumé : Minuit, voici lheure
où est né Jésus dans une mangeoire. Minuit,
voici lheure où Jésus est ressuscité
dentre les morts, délivrant les âmes de tout
ce qui les rend captives. Il va bientôt délivrer
la mienne. Elle appela la Vierge Marie à son secours : Voici lheure où Dieu appelle ses amis à
ses noces. LÉpoux vient chercher son épouse. Ses deux derniers mots furent : Silence, silence. Elle fut canonisée, en 1235, quatre ans après sa
mort.
Voilà
la vie de cette princesse de Hongrie, une histoire de fidélité
à la prière, de grand amour, de charités
aux pauvres, dépreuves et dinjustice, de pauvreté
choisie et de courage exemplaire! Tout cela en 24 ans.
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