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Pierre
dAlcantara
Agnès
dAssise
Claire
d'Assise
François
d'Assise
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Saint Laurent de Brindes
Jean
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Marguerite
de Cortone
Élisabeth
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Sainte Véronique Giuliani
Frédéric
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Didace
Pelletier
Junipero Serra
Battista
Varani
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Claire :
une nouvelle façon de gouverner
Lorsqu'en
1212, Claire âgée de 18 ans, quitte famille et château,
pour suivre un jeune d'Assise qui fait beaucoup parler de lui,
elle n'a, certes, aucune intention de fonder quoi que ce soit!
Simplement, elle veut répondre à un appel, que l'aventure
de François et son message festif semblent concrétiser
au mieux. Comme lui, elle ne peut s'empêcher d'aimer l'Amour.
« Je veux, dit-elle, suivre la vie et la pauvreté
de notre Très-Haut Seigneur Jésus-Christ et de sa
très sainte mère. » (Règle
6)
Cette façon
de vivre l'Évangile est si convaincante que, très
vite, des jeunes femmes viennent frapper à la porte de
Saint-Damien. Quelques billets de François, son exemple
et celui de Claire suffiront, au début, pour maintenir
la cohésion du petit groupe, dans l'enthousiasme des commencements.
Mais les surs se multiplient rapidement, une structure -
si souple soit-elle - s'avère indispensable pour le développement
harmonieux du vivre-ensemble et pour que les engagements pris
ne restent pas des mots en l'air.
Aussi Claire
va-t-elle déployer ses dons humains et son esprit de foi,
pour organiser d'une manière radicalement neuve la vie
commune. Les grandes abbayes féodales, en effet, reproduisent
à l'intérieur du cloître la vie seigneuriale
des châteaux, avec ses hiérarchies, ses usages...
Claire préfère l'Évangile.
Une
nouvelle forme de vie
Première
femme dans l'Église à écrire une Règle
religieuse, elle nous donne là comme un condensé
de la vie fraternelle à Saint-Damien, car elle la
écrit après quarante ans de vie avec ses surs.
Et c'est une forme de vie où n'existe plus de dominante/dominées,
ni même de préséances. Une forme de vie qui fait éclater droits et devoirs.
Sa référence
n'est plus le monde féodal, mais la personne du Seigneur
Jésus, à genoux devant ses disciples et leur lavant
les pieds. Tout se construit pour elle, à partir de son
regard posé sur ce modèle. Si elle est Abbesse,
ce n'est pas comme une grande Dame au pouvoir absolu, mais comme une servante, au sens strict du terme. L'autorité
n'est plus un privilège mais un service.
L'Abbesse
doit donc se soumettre à toutes les exigences de la vie
commune tant « au chur, qu'au dortoir, au réfectoire,
à l'infirmerie et pour les vêtements »
(Règle 4,10). De même au Chapitre, elle doit avouer
humblement, comme les autres surs « ses fautes
et négligences publiques contre la vie commune »
(Règle 4,10). Cette vision paradoxale de l'autorité
est proprement révolutionnaire. Pour Claire, elle est fidélité
à l'Évangile : le Verbe de Dieu est venu sur
terre comme un homme ordinaire, dans l'expérience commune.
Serviteur, servante, ce n'est pas un titre, c'est une relation.
Lamour
fraternel : lâme de la communauté
Elle remplace
la domination du pouvoir par un amour et un respect qu'elle laisse
déborder sur chacune, qui est pour elle un cadeau de Dieu.
L'un des traits les plus constants de la Règle, c'est la
compassion de Claire pour ses surs. Elle tient compte des
personnes, des forces de chacune. Très réaliste,
elle veut qu'on adapte les exigences au climat et aux tempéraments.
Le problème
de Claire n'est pas de bien organiser la vie collective pour qu'elle
fonctionne avec ordre, c'est de faire de la charité fraternelle
l'âme de la vie commune. Claire est un être profondément
relationnel. Elle met donc l'accent, de façon nouvelle,
sur les relations humaines transfigurées par la foi. Pour
Claire, lobéissance n'est jamais aliénation,
mais obéissance filiale, aimante, théologale, de
femmes libres et responsables, pour qui la soumission n'est pas
un refuge ni une démission, mais un engagement à
faire advenir une Communauté vraiment fraternelle. « Les
Surs obéissent alors plus par amour que par crainte
c'est pour Dieu qu'elles ont renoncé à leur
volonté propre. » (Règle 10,2)
Une
approche moderne
Faire vu
d'obéissance, c'est faire vu de relation. Fille de
son époque, celle des Communes libres où, en principe,
tous sont égaux, Claire va s'en inspirer pour instaurer
dans son monastère une structure démocratique qui
annonce notre monde moderne. Égalité entre les surs :
on n'est reçu à Saint-Damien que si on vient les
mains vides, sans biens, sans dot. Et qu'elles soient nobles ou
non, riches ou pauvres, cultivées ou non, toutes ont voix
au Chapitre. Toutes les décisions, les plus courantes comme
les plus importantes, sont prises « du commun consentement
de toutes » (Règle 4).
D'où
co-responsabilité active de chaque sur, même
la plus jeune, où la dernière arrivée est
responsable de l'aventure communautaire. Enfin partage du pouvoir :
l'Abbesse est aidée d'une Vicaire et d'un Conseil dont
elle est tenue de suivre les avis. Voilà qui est une façon
radicalement nouvelle de gouverner.
Soeur
Marie-Dominique est clarisse du monastère de Jongny (Suisse).
Nous avons profité de son passage parmi nous, au Canada,
pour lui demander cet article.
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