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Jai
découvert la liberté et la joie!
par Pierre Charland, ofm
De
« drummer » à franciscain!
par Guylain Prince, ofm
La
Création
par Marc Le Goanvec, ofm
En
faveur des sans-voix
par Jean Thevenin, ofm
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Jai
découvert la liberté et la joie!
Il
y a environ dix ans, il s'est produit un bouleversement dans ma
vie. Ce fut un point tournant dans mon histoire personnelle. Une
rencontre inattendue et troublante a fait en sorte que ce qui
m'avait toujours motivé, qui avait englouti mon temps et
mes énergies, n'avait dorénavant plus d'importance
à mes yeux.
Jusqu'à
l'âge de 27 ans, mon objectif de vie avait été
le succès sous toutes ses formes. Jeune adulte, j'occupais
déjà un poste prestigieux de responsable des communications
médias pour un important parti politique, avec un salaire
attrayant, toute une panoplie de bénéfices connexes,
et des relations dans des cercles influents. J'avais fait de bonnes
études, j'avais une vie sociale active et stimulante, j'avais
les moyens de me payer tous les plaisirs... j'avais, j'avais,
j'avais... mais je n'avais pas ce qui pouvait me rendre heureux.
Mon optique
de vie s'est mise à changer suite à une rencontre
qui s'est produite en 1989. Un soir, dans un restaurant chinois
du centre ville d'Ottawa, j'ai fait la connaissance d'une jeune
femme qui m'a longuement parlé de Dieu... et dans ce qu'elle
disait, je me suis senti profondément rejoint. Les pièces
détachées de ma vie se sont mises à se rassembler,
à faire un tout. Ensuite, d'une rencontre à l'autre
avec cette disciple du Christ qui avait voué sa vie à
la recherche de la volonté de Dieu, s'est éveillé
en moi un goût de mieux connaître le Seigneur et de
répondre à quelque chose qui avait toujours sommeillé
au plus profond de mon cur : c'était un appel
à m'engager à Sa suite... à Lui consacrer
ma vie.
Mon cur
était dorénavant disponible à Dieu. Or, un
après-midi, en fouillant dans ma bibliothèque, j'ai
trouvé un livre relatant la vie de saint François
d'Assise. Ce volume m'avait été offert plusieurs
années auparavant, mais je ne l'avais jamais ouvert. Ce
jour-là, je l'ai lu d'une couverture à l'autre,
et j'ai été bouleversé. J'ai compris, comme
une évidence, que la voie franciscaine était celle
que Dieu m'appelait à suivre.
À
partir de ce moment-là, j'ai eu le courage de me relever
les manches et d'entreprendre de changer ma vie, de façon
à ce qu'elle corresponde mieux aux valeurs qui m'animaient
profondément. J'ai alors commencé à ressembler
davantage à l'être humain que je suis vraiment, et
à être heureux. Je me suis senti capable d'entrevoir
le bonheur auquel mon Créateur me destinait, et j'ai pris
conscience que j'avais jusqu'alors été beaucoup
trop occupé pour faire de la place à Dieu dans ma
vie. Bien que la pratique religieuse ait toujours revêtu
une certaine importance à mes yeux, depuis plusieurs années
j'étais allé à la messe distraitement, le
dimanche matin, sans m'arrêter au sens des gestes que je
posais et des prières que je récitais. J'étais
trop pris par tout le reste. Mes énergies et mon temps
étaient engloutis par une course effrénée
à la performance, au succès et au plaisir. Je n'avais
jamais véritablement fait le lien entre mon heure de culte
dominical, et tout le reste de ma vie!
Mais maintenant,
animé d'une énergie nouvelle et reconnaissant envers
Dieu pour la grâce dont Il me faisait cadeau, j'étais
déterminé à apporter les correctifs nécessaires
pour ancrer ma vie dans la prière et l'écoute de
l'Esprit de Dieu. Je ne voulais plus m'appuyer sur des bases aussi
peu stables que la gloire et l'argent. Dorénavant, Dieu
serait mon guide. Il aurait la première place en tout.
En plus,
comme plusieurs jeunes adultes de ma génération,
j'avais longtemps cru pouvoir accéder à la liberté
en me dégageant de l'emprise de toutes les lois et de toutes
les formes d'autorité qui limitaient mon accès au
plaisir. Mais à mesure que j'approfondissais ma lecture
des Évangiles et des écrits de François et
Claire d'Assise, et que je me mettais à l'écoute
de Dieu dans le silence et la prière, j'ai progressivement
compris que la véritable liberté est plutôt
un lent cheminement vers l'apprentissage de mon identité
profonde d'enfant de Dieu. Je constate bien, aujourd'hui, que
ce voyage au cur de mon être me libère des
prisons de mon égoïsme, ainsi que des valeurs trompeuses
qui régissent un monde de succès, de richesse et
de jouissance. La liberté chrétienne est bien plus
satisfaisante que celle qui revendique un accès illimité
à des plaisirs faciles. Surtout, la liberté chrétienne
m'apporte la joie, alors que l'autre me laissait constamment sur
ma faim.
À
29 ans, j'ai donc laissé derrière moi la course
au succès et au plaisir, et je me suis engagé à
la suite de saint François d'Assise. Je remercie Dieu de
m'avoir appelé à Le servir. Les frères franciscains
avec lesquels je partage la vie quotidienne m'apprennent beaucoup.
Nous prions ensemble, nous essayons d'être messagers de
paix et de joie dans un monde meurtri, et d'être présents
aux pauvres et aux blessés de notre milieu.
Depuis six
ans, ma communauté m'a offert la possibilité de
faire des études stimulantes dans le domaine de la théologie.
J'ai aussi eu l'occasion de perfectionner certains de mes acquis
professionnels et de poursuivre des recherches dans le domaine
socio-politique. Mon optique de travail est pourtant bien différente
de ce qu'elle était il y a dix ans. Plutôt que d'être
au service de mon avancement personnel, je désire maintenant
mettre mes talents au service de Dieu et contribuer à construire
un monde meilleur où régneront le respect de tous
et l'harmonie.
J'ai certes
eu à traverser des moments difficiles au cours des dix
dernières années, mais Dieu m'a toujours donné
la joie. Jamais je n'ai regretté d'avoir choisi d'engager
ma vie à la suite de saint François d'Assise avec
des frères. À ce propos, j'aime me rappeler les
paroles d'un de mes aînés en vie religieuse, qui
résument bien, je crois, ce qui caractérise les
disciples de François d'Assise :
« Le
franciscain est un homme de liberté et de joie. Il est
libre parce qu'il est pauvre et donné. Il est joyeux
parce qu'il reçoit tout de Dieu et qu'il est habité
de l'Esprit Saint. Le cur du franciscain est comme un
océan que Dieu veut remplir de l'eau de Son Esprit. Il
n'a qu'à détruire les barrages de l'orgueil, et
Dieu vient habiter son cur et sa maison. Le franciscain
est libre pour aimer. Il est petit et il est partout. Il donne
tout aux autres sauf son cur, qui est à Dieu. »
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